Samedi 09 février (soit l'équivalent du dimanche en Jordanie, je suis complètement perdu dans les jours) :
Tout commence cette nuit à l’heure de la prière avec une expérience située à mi chemin entre le rêve et la réalité. L’Islam pour la réalité et le Christianisme pour le rêve. Je risque de passer pour un joyeux illuminé pour certains, mais ne vous vous en faites pas, je ne suis pas encore devenu complètement fou. Voilà ce qui se passe. Une vierge Marie aux formes imprécises se dresse devant moi. Elle ne m’a ni parlé, ni demandé de sauver le monde, elle est juste là, dressée devant moi comme une sorte de gros nuage bleu et blanc aux contours mal définis… Difficile à expliquer à qui n’a pas vécu telle expérience, mais je m’efforce de vous décrire la scène du mieux possible.
Elle est donc là, devant moi, elle ne bouge pas. Une musique pour des plus envoûtante vient compléter la scène, j’ai du mal à comprendre ce qu’il se passe, mais je suis en extase totale devant ce qu’il m’est offert de voir et ne souhaite pour rien au monde que tout cela s’arrête. Pourtant, je reviens progressivement à la réalité, l’image disparaît petit à petit, mais la musique continue. Je comprends en fait que les sons que je pouvais entendre dans mon rêve n’étaient autres que le chant du Muezzin du haut de son minaret. Cela ne m’avait jamais réveillé auparavant. Il me faudra de longues secondes pour vraiment comprendre ce qu’il vient de se passer et de longues minutes pour me rendormir. Etait-ce un signe du destin, nul ne le saura jamais.
Réveil matinal, je décide donc de continuer mon délire religieux en allant visiter Madaba, ville située à une trentaine de kilomètres d’Amman, entre la capitale jordanienne et la mer Morte. C’est aussi la cité abritant la plus importante communauté chrétienne du pays. Les nombreuses églises côtoient les mosquées ; les Chrétiens les Musulmans ; le tintement des cloches l’appel des muezzins ; et tout ce petit monde vit en paix depuis des centaines d’années. Bon exemple de tolérance à suivre pour Israël et les Territoires Palestiniens, situés à une trentaine de kilomètres d’ici.
Je quitte l’IFPO à 9h et ce n’est pas sans difficultés que j’arrive à trouver un bus pour Madaba. Tous les bus au départ d’Abdali sont partis. Un taxi m’emmène au nord de la ville dans une gare routière d’on je n’avais jamais entendu le nom. En plus de ça, le prix de l’essence a fortement augmenté ce week-end et les chauffeurs de taxi ne se privent pas pour en jouer sur le touriste qui est déjà une proie facile à l’origine. Il me faudra donc payer 3JD pour rallier la gare. Le conducteur m’indique le bus à prendre. Quand je parle de bus, mettons nous d’accord. C’est plutôt d’un mini mini bus qu’il s’agit, une sorte de dolmus dans sa version la plus rudimentaire.
L’un des buts de cette petite expédition est aussi de grimper au sommet du Mont Nébo, d’où Moïse aperçu la Terre Promise avant de mourir.
« Va sur la montagne des Abarim, dans le pays de Moab, en face de la ville de Jéricho. Monte au sommet du Mont Nébo et regarde le pays de Canaan, que je vais donner en partage aux Israélites. Ensuite, sur cette montagne où tu seras monté, tu mourras pour rejoindre tes ancêtres».
Si Dieu avait su tout ce que cette phrase allait avoir comme conséquences dans les millénaires à venir, j’espère qu’il se serait abstenu ce jour là… Par temps clair, (ce qui à l’air d’être le cas aujourd’hui), on peut admirer un panorama donnant sur la mer Morte, ainsi que sur les villes d’Hébron, Jéricho et surtout le mont des oliviers à Jérusalem, la ville sainte des trois religions monothéistes, tant disputée entre Juifs et Musulmans de la région.
Pour l’instant, nous sillonnons Amman en quête de passagers. Je ne pense d’ailleurs pas que nous partions avant que le véhicule soit plein. Le trajet me revient seulement à 250 piastres (25cents). Une heure plus tard nous arrivons à bon port.
La gare routière est environ à deux kilomètres du centre ancien, je décide de parcourir la distance à pied. Les curiosités ne manquent pas, nombreux sont les bouchers à vendre leurs bêtes dépecées avec seulement la tête encore bien poilue sur le reste du corps, les vendeurs de tapis, les marchands de thés, etc…
Petite balade dans la ville abritant effectivement un nombre plus important d’églises que de mosquées. J’arrive au musée municipal où un gentil guide attend patiemment les rares touristes de passage dans le coin. On peut observer de magnifiques mosaïques byzantines bien conservées. On se demande en revanche pour combien de temps lorsque le guide insiste pour me prendre en photos et m’oblige à marcher dessus pour m’installer au fond de la pièce. Pour continuer dans la bizarrerie, il devient de plus en plus insistant en me répétant plusieurs fois que je suis un « nice guy » et en me questionnant sur ma vie amoureuse à savoir si j’ai un petit ami (???), tout en me précisant bien que pour sa part, il est toujours célibataire… J’accepte de partager un thé avec lui à la fin de la visite, tout se passe bien. Il est toutefois très déçu que je n’ai pas de photos de France à lui montrer. Il me rendra aussi un fier service en appelant Mahmoud, un ami à lui chauffeur de taxi avec sa voiture personnelle lorsqu’il ne travail pas. Ce dernier m’amène jusqu’au Mont Nébo qui n’est desservi par aucun transport en commun.
Arrivé au sommet, le vent souffle à une vitesse impressionnante. Certaines rafales vont jusqu’à me faire reculer d’un ou deux pas, du jamais vu ! Malheureusement, malgré le soleil, la vue est bouchée par une épaisse brume au-dessus de la mer morte. On distingue toutefois Jéricho et Hébron, mais pas de Jérusalem…Grosse déception, mais ce n’est que partie remise !
Mahmoud me ramène en ville.
Quelques minutes plus tard, alors que je traverse une rue, quelqu’un m’agrippe par le bras et me tire brusquement…Je ne suis pas habitué à ça et je me demande bien ce que l’on me veut. C’est en fait un asiatique d’une quarantaine d’années m’arrivant à une dizaine de centimètres en dessous de l’épaule qui cherche la gare routière pour rentrer sur Amman. Nous commençons à discuter et comme tout le monde, il devine à mon accent que je suis français avant la fin de ma première phrase. Lui est Indonésien mais vit à Sacramento depuis une vingtaine d’année. Il m’accompagne manger un morceau et je commence à me rendre compte que lui aussi est un peu bizarre. Il me raconte qu’il a un jour rencontré des français d’origine algérienne en Hollande venus passer quelques jours dans des coffee shop et retrouver des françaises qui étudiaient là-bas. J’ai eu droit à tous les détails de ce qu’étaient venus chercher les trois français auprès de ces filles, détails que mon interlocuteur semblait avoir d’ailleurs parfaitement imprimé au fond de sa mémoire…Il m’a aussi paru très intéressé par la cisrconscision et l’excision. Après une conversation un peu plus approfondie, il se révèle plutôt sympa. Il a parcouru le globe et ses histoires sont toutes plus intéressantes les unes que les autres. Il me donne d'ailleurs très envie de visiter Jérusalem, je pense maintenant y faire un petit détour avant mon départ. Nous rentrons jusqu'à Amman ensemble avant de se séparer dans la "vieille ville".
(Je mettrai des photos demain car il est déjà 02h00, je rentre d'une super soirée au resto où un jordanien m'a gentiment invité. C'était de loin le meilleur repas que j'ai pu déguster depuis mon arrivée, j'espère qu'il y en aura d'autres comme celui là!
En plus de ça, Samir est d'origine palestinienne ce qui m'a permis de faire mon premier exercice d'entretien (ENFIN!!!!), même s'il ne vit pas dans un camp, mais c'était d'autant plus intéressant d'avoir son point de vue sur Wihdat).
lundi 11 février 2008
vendredi 8 février 2008
Premier jour à Wahdat
Ca y est, c'est fait, je suis enfin allé au contact du lieu tant "convoité" par tous les apprentis chercheurs occidentaux en quête de dépaysement et d'un peu d'excitation.
Je pensais attendre quelques jours et au moins mes autorisations pour aller explorer les lieux, Jalal n'avait pas l'air de cet avis. C'est le problème avec toutes les personnes qui tentent de m'aider depuis le début de mon étude en septembre dernier. Il ne font que se contredire. Kamel m'avait demandé de ne surtout pas y aller avant d'avoir les autorisations avec moi alors que Jalal se demandait se que j'attendais pour m'y rendre. Après un passage dans son bureau pour lui ramener un bouquin, il s'énerve à moitié de me voir encore ici. Il prend mon calpin, gentiment offert par Marion et Romain et m'écrit en arabe le nom de ma destination(pour le taxi). Ok, si je comprends bien j'ai pas vraiment le choix.
Retour en arrière mais il faut savoir que mes tuteurs ici (censuré)...
Bref, je pars vers Wihdat, sauf que le chauffeur de taxi ne sait pas lire... Il s'arrête demander à un passant de lui traduire la phrase. C'est parti, direction le camp, nous y sommes en 15minutes.
Beaucoup d'agitation (pour changer), et de commerces en tout genre, en fait, pas beaucoup de changements comparé à la vieille ville. Un poste de police marque l'entrée du camp. J'hallucine dès les premiers mètres. C'est bien Jalal qui avait raison. Des boutiques partout, des bijouteries, des magasins de chaussures, d'électronique, de télés et même des animaleries. Les Palestiniens semblent être fans de poissons rouges et d'oiseaux. L'atmosphère y est détendu, seul un nombre très limité de voitures à le droit de pénétrer dans le camp, donc plus de klaxons et on peut même marcher au milieu de la route sans risquer de se faire écraser.
Sur la gauche part l'entrée du souk. Encore une belle surprise, plus grand, plus animé et plus "beau" que dans la vieille ville. Par contre, végétariens s'abstenir, il faut se frayer un chemin entre les carrioles et les morceaux de viandes suspendus au dessus du passage. J'ai littéralement pousser un demi agneau avec les mains pour pouvoir avancer...J'ai hâte de vous envoyer des photos du lieu, une vrai merveille ! Je ne me suis cependant pas risqué à en prendre aujourd'hui sans mes autorisations.
Je continue le repérage des lieux. J'arrive dans la partie sud du camp. Là, les clichés seront moins jolis. On retrouve bien les unités d'habitation construites en préfabriqué il y a 60 ans. Tout est délabré et on se demande comment le tout ne s'effondre pas sur les habitants des lieux. Des chats à moitié morts cherchent quelques vivres dans les poubelles. Ce qui attire mon attention est le nombre d'enfants qu'on croise dans le camp. Partout des gosses, c'est fou!
Malgré l'état du lieu dans lequel je me trouve, je ne me sens pas mal à l'aise. Les gens n'ont pas l'air de vraiment vivre dans la misère, du moins pas celle que j'imaginais. Aucun regard ne se pose sur moi, comme si il n'y avait aucune différence entre nous. Je croise des gens dans cette partie du camp complètement délabrée où il n'y a aucun commerce, mais personne n'a l'air de se demander ce que je fais là. Par contre, dès que je rentre dans un magasin, on me demande d'où je viens, ce que je fais là, etc...
Je me suis même fait offrir une pâtisserie par un vendeur ambulant. Enfin un qui parle anglais, j'en profite pour le questionner et lui demander où se trouve son magasin. J'espère pouvoir le retrouver, il pourrait être un très bon interlocuteur pour mes recherches.
Voilà, je rentre difficilement à l'IFPO. De nombreux Ammanî sont venus faire leur marché à Wahdat et c'est la guerre pour attraper un taxi. Après 15minutes, je me décide à enfin tester les minibus locaux. Bonne expérience, même si on se demande comment ils roulent encore. J'arrive à destination pour 250 fils, mais il me semble que le tarif est au bon vouloir du passager. Le conducteur à une espèce de boite en ferraille près du levier de vitesse où les passagers balancent quelques pièces en montant dans le bus.
J'ai aussi passé ma première soirée dans un bar où se retrouve la jeunesse occidentalisée d'Amman ainsi qu'un bon nombre d' expats. Sacrée différence avec le camp!!! Allah sait que je n'aime pas ce genre d'endroits mais ça m'a permis d' enfin passer une soirée avec quelqu'un d'autre que...moi.
En même temps je commence à m'habituer à être seul et faire ce que j'ai envie. Ca va peut-être vite me passer, mais pour le moment ça ne me déplait pas vraiment.
Je pensais attendre quelques jours et au moins mes autorisations pour aller explorer les lieux, Jalal n'avait pas l'air de cet avis. C'est le problème avec toutes les personnes qui tentent de m'aider depuis le début de mon étude en septembre dernier. Il ne font que se contredire. Kamel m'avait demandé de ne surtout pas y aller avant d'avoir les autorisations avec moi alors que Jalal se demandait se que j'attendais pour m'y rendre. Après un passage dans son bureau pour lui ramener un bouquin, il s'énerve à moitié de me voir encore ici. Il prend mon calpin, gentiment offert par Marion et Romain et m'écrit en arabe le nom de ma destination(pour le taxi). Ok, si je comprends bien j'ai pas vraiment le choix.
Retour en arrière mais il faut savoir que mes tuteurs ici (censuré)...
Bref, je pars vers Wihdat, sauf que le chauffeur de taxi ne sait pas lire... Il s'arrête demander à un passant de lui traduire la phrase. C'est parti, direction le camp, nous y sommes en 15minutes.
Beaucoup d'agitation (pour changer), et de commerces en tout genre, en fait, pas beaucoup de changements comparé à la vieille ville. Un poste de police marque l'entrée du camp. J'hallucine dès les premiers mètres. C'est bien Jalal qui avait raison. Des boutiques partout, des bijouteries, des magasins de chaussures, d'électronique, de télés et même des animaleries. Les Palestiniens semblent être fans de poissons rouges et d'oiseaux. L'atmosphère y est détendu, seul un nombre très limité de voitures à le droit de pénétrer dans le camp, donc plus de klaxons et on peut même marcher au milieu de la route sans risquer de se faire écraser.
Sur la gauche part l'entrée du souk. Encore une belle surprise, plus grand, plus animé et plus "beau" que dans la vieille ville. Par contre, végétariens s'abstenir, il faut se frayer un chemin entre les carrioles et les morceaux de viandes suspendus au dessus du passage. J'ai littéralement pousser un demi agneau avec les mains pour pouvoir avancer...J'ai hâte de vous envoyer des photos du lieu, une vrai merveille ! Je ne me suis cependant pas risqué à en prendre aujourd'hui sans mes autorisations.
Je continue le repérage des lieux. J'arrive dans la partie sud du camp. Là, les clichés seront moins jolis. On retrouve bien les unités d'habitation construites en préfabriqué il y a 60 ans. Tout est délabré et on se demande comment le tout ne s'effondre pas sur les habitants des lieux. Des chats à moitié morts cherchent quelques vivres dans les poubelles. Ce qui attire mon attention est le nombre d'enfants qu'on croise dans le camp. Partout des gosses, c'est fou!
Malgré l'état du lieu dans lequel je me trouve, je ne me sens pas mal à l'aise. Les gens n'ont pas l'air de vraiment vivre dans la misère, du moins pas celle que j'imaginais. Aucun regard ne se pose sur moi, comme si il n'y avait aucune différence entre nous. Je croise des gens dans cette partie du camp complètement délabrée où il n'y a aucun commerce, mais personne n'a l'air de se demander ce que je fais là. Par contre, dès que je rentre dans un magasin, on me demande d'où je viens, ce que je fais là, etc...
Je me suis même fait offrir une pâtisserie par un vendeur ambulant. Enfin un qui parle anglais, j'en profite pour le questionner et lui demander où se trouve son magasin. J'espère pouvoir le retrouver, il pourrait être un très bon interlocuteur pour mes recherches.
Voilà, je rentre difficilement à l'IFPO. De nombreux Ammanî sont venus faire leur marché à Wahdat et c'est la guerre pour attraper un taxi. Après 15minutes, je me décide à enfin tester les minibus locaux. Bonne expérience, même si on se demande comment ils roulent encore. J'arrive à destination pour 250 fils, mais il me semble que le tarif est au bon vouloir du passager. Le conducteur à une espèce de boite en ferraille près du levier de vitesse où les passagers balancent quelques pièces en montant dans le bus.
J'ai aussi passé ma première soirée dans un bar où se retrouve la jeunesse occidentalisée d'Amman ainsi qu'un bon nombre d' expats. Sacrée différence avec le camp!!! Allah sait que je n'aime pas ce genre d'endroits mais ça m'a permis d' enfin passer une soirée avec quelqu'un d'autre que...moi.
En même temps je commence à m'habituer à être seul et faire ce que j'ai envie. Ca va peut-être vite me passer, mais pour le moment ça ne me déplait pas vraiment.
Premiers jours en Jordanie
Jeudi 13h : Voilà déjà trois jours que je suis ici, et à vrai dire, je n’ai vraiment pas vu le temps passer. Il faut dire qu’à part aujourd’hui où je me suis levé à 10h30, j’ai passé mes deux premières matinées dans mon lit…
Bon, par où commencer ? J’en ai vu des choses en deux jours. Pourtant, je ne connais pour l’instant quasiment que l’IFPO, sorte de bunker peuplé de francophones dans un quartier résidentiel «aisé» d’Amman. Les seules à ne pas parler français ici sont la femme de ménage et une pauvre étudiante allemande d’origine jordanienne qui loge dans la chambre d’en face. Elle a d’ailleurs remercié Dieu (oh ! thanks god, you speak english !) de mon arrivée. Elle m’a avoué qu’elle commençait à devenir folle toute seule ici avec tous ces français qui ne parlaient pas anglais. Elle m’aurait d’ailleurs presque agacé à répéter qu’aucun français ne savait parler anglais. On le sait tous qu’on n’est pas très fort en langue chez les Gaulois, mais une fois c’est bon, on a compris ma chérie. Mis à part ça elle est plutôt sympa.
Bon, pour ce qui se trouve en dehors du bunker, il n’y a pas grand chose à dire. Un terrain vague, quelques maisons et un court de tennis à moitié défoncé. Mis à part ça…ben rien !
Il me faut parcourir 20 bonnes minutes de marche pour trouver le premier snack, un vendeur de shewarmas et falafels somme toute très bons. Pour un vrai repas il faut descendre dans la ville basse, qui elle se trouve à 30minutes. Downtown ou al medeena en arabe ou ville basse en français. C’est aussi la partie la plus vieille de la ville où se trouve l’amphithéâtre romain assez impressionnant. Mais à part l’amphithéâtre, je n'ai pas trouvé les restes de vieux bâtiments, j’ai pourtant cherché mais en vain. C’est ici aussi que sont regroupés les souks de la ville très animés du matin au soir. Les vendeurs ont des petites chansons pour vendre leurs fruits et légumes. On a aussi les bouchers avec leurs morceaux de viande suspendus au dessus de leur tête et les poissonniers avec leur congélateurs qui ne congèlent plus grand chose.
Cette partie de la ville est très active. Les voitures n’arrêtent pas, les klaxons non plus. Le plus grand problème pour le piéton à Amman reste encore de traverser la rue. Pas de passages cloutés, pas de feux, donc il faut s’armer de patience, et lorsqu’une brèche se crée dans l’anarchie routière régnante, on a plus qu'à foncer ! Pas toujours facile, jamais rassurant, mais faisable.
Bon, parlons un peu de choses sérieuses…la bouffe !
Première expérience mardi après-midi vers 16h. Mon estomac commence à crier famine, il est grand temps de trouver quelque chose à se mettre sous la dent. Je vois une petite cantine remplie de jordaniens, donc gage de qualité. Le menu est des plus surprenant. J’ai le choix entre une tête de chèvre bouillie, un estomac de mouton (comme chez les écossais), des pieds de chèvre ou de vache ou des boyaux remplis de riz. On va y aller doucement pour le début. "Un plat de boyaux min fadlak !" Le truc m’arrive, pas très appétissant de prime abord, mais le tout ça se révèle plus apéttissant qu'il n'y parait . J’y retournerai goûter l’estomac dans quelques jours.
Autre expérience amusante avec la bouffe hier soir. Je commande un Mensaf, plat traditionnel bédouins avec du riz et de l’agneau. Le tout accompagné d’une sauce que j’ai pris pour de la soupe…Un peu fort en goût la soupe pour le coup. Les gens ont dû pas mal rigoler en me voyant faire.
Pour ce qui est de mes recherches maintenant. Et bien j’ai bossé depuis septembre sur un sujet qui ne veut pas dire grand chose en Jordanie. Etudier les mobilités des habitants des camps en Jordanie reviendrait au même qu’étudier celle des habitants d’une banlieue à Paris. Faisable, mais pas forcément très intéressant. Le camp de Wihdat, celui que j’étudie, a été créé en 1954 en dehors de la ville. Avec l’expansion urbaine, il se retrouve aujourd’hui inséré dans le paysage urbain d’Amman. Pour vous donner une idée, en 1948, Amman comptait 55 000 habitants. Aujourd’hui, il y en a 1.6 million…
Les réfugiés palestiniens de 1948 ont eu des enfants, qui ont eu des enfants, qui commencent à leur tour aujourd’hui a avoir des enfants. La plupart d’entre eux se sont résignés a un retour en Palestine. Pays qu’ils gardent dans leur mémoire pour ceux qui y ont vécu et qu’imaginent les plus jeunes à travers les histoires des plus vieux.
Seuls quelques activistes continuent de se « battre » pour le droit au retour, les autres n'y croient plus.
Les réfugiés sont aussi pour la plupart des citoyens jordaniens qui votent aux élections et vivent comme n’importe quel autre habitant du pays. Le camp aurait tendance à devenir de plus en plus une poche de pauvreté avec une identité marquée et faisant parfois l’objet de stigmatisations vu de l’extérieur. Certains palestiniens ayant gagné assez d’argent partent et louent leur logement à des travailleurs Egyptiens ou Irakiens pour une quarantaine de dinars (environ 40 euros) par mois.
Ce que me proposent de faire les chercheurs de l’ IFPO serait de montrer ce qu’est un camp palestinien aujourd’hui à Amman. Ce n’est pas encore très clair dans ma tête pour l’instant donc je m’arrête là pour le moment. Je n’ai toujours pas été dans le camp, mais ce devrait être chose faite d’ici à lundi prochain. J’appréhende un peu car les discours des uns et des autres sont complètement contradictoires. Certains me disent qu’ils ont du mal à se remettre de ce qu’ils ont vu là-bas et d’autres que c’est un des quartiers les plus agréables de la ville… A voir, je jugerai par moi même.
J'ajoute deux petites photos de la magnifique ville d'Amman...
mardi 5 février 2008
Quel périple pour arriver jusqu'à cette rue Abu Firas al Hamadani !
Départ de chez Brahim ce matin à 8h45 direction Neuilly sur Seine, cette étrange ville de la banlieue parisienne, ancien fief de notre actuel hyperprésident. Comme je le fais une fois sur deux, je sors du métro, repère la rue d’Orléans et fonce, sans vérifier au préalable si je la prenais dans le bon sens. Après quelques centaines de mètres, je me rends compte qu’effectivement j’avais dû me planter quelque part. Je décide donc de demander à quelqu’un de m’aider ? Vu le luxe des lieux, les gens doivent êtres civilisés et prêts à aider un pauvre étudiant perdu et chargé comme un mulet ! Et bien pas vraiment, on dirait plutôt que j’effraie cette population vêtue de beaux manteaux de fourrure et arborant de jolis sacs Louis Vuitton. C’est à peine s’ils me regardent et les trois quarts n’ont pas de réponse à m’offrir lorsque je leur demande où se trouve l’ambassade de Jordanie. Les seuls qui m’indiquent une direction se trompent et m’éloignent encore un peu plus du but à atteindre. Je tombe enfin sur une personne agréable, qui bizarrement à l’air bien moins fortuné que les autres (concierge). J’ai la chance qu’il connaisse l’ambassade. En suivant ses conseils, me voilà arrivé une vingtaine de minutes plus tard.
Je récupère mon passeport sans problème et file directement à Roissy pour prendre mon avion. J’arrive là-bas longtemps en avance ce qui me laisse le temps d’aller me renseigner auprès de Cyprus Airways sur le changement de vol entre Larnaca et Amman qui doit en fin de compte être assuré par la Royal Jordanian. Tout à l’air facile d’après eux, je dois récupérer mes bagages directement à Amman et me présenter au guichet de la Royale à Larnaca pour qu’ils échangent mon billet. Très bien !
15h00 : l’avion s’envole doucement au-dessus de Paris. Tout se passe pour le mieux, « La nuit des temps » me permet de ne pas trop voir le vol passer. Je discute un peu avec mon voisin d’à côté, un Chypriote un poil raciste qui me parle d’Amman comme d’une ville envahie par les palestiniens et irakiens qui polluent d’après lui la cité. J’ai aussi droit à plusieurs petites blagues de très mauvais goût sur les Arabes, pour le coup, j’aurais préféré ne pas parler anglais, ça m’aurait permis d’éviter de comprendre toutes ces conneries.
20h : atterrissage parfait sur Chypre, j’en aurais presque applaudi le pilote pour une fois… C’est là que les choses se gâtent. Donc si je suis les conseils de Cyprus Airways, je file en salle de transit sans récupérer mes bagages. Merci l’Europe, ma nationalité française me permet de sortir de l’aéroport. J’en profite pour passer au point de récupération des bagages histoire de m’assurer que mon sac a bien pris la destination d’Amman. Plusieurs sacs passent, pas le mien. Tout va bien, je m’apprête à partir en me disant qu’encore une fois je suis bien parano. Et là, qui est ce qui pointe le bout de son nez, mon sac, le même qui n’aime pas les aéroports, les transits et tout ça (cf. message de vendredi dernier), on comprend pourquoi maintenant. Je le récupère en me disant que ma bonne étoile était au-dessus de moi ce soir. Arriver à Amman sans mon sac n’aurait pas fait de moi un homme serein pour mes premiers jours en Jordanie.
Je vais donc me présenter au comptoir de la Royale Jordanian pour récupérer mon ticket. Ils veulent avant de me le donner que Cyprus Airways me le tamponne. Je file donc à leur guichet, mais là, pas question, l’autre….derrière son bureau me dit que soit je pars demain avec eux, soit je rachète un billet pour partir ce soir. Il me faudra l’aide d’un membre du personnel de la compagnie jordanienne et beaucoup d’insistance de ma part pour obtenir satisfaction.
Par contre, le vol initialement prévu à 21h40 ne partira qu’à 23h30. Je gagne un ticket resto de 7euros en échange. Honnête. J’en profite pour aller prendre l’air. On se croirait en été. Il fait 17°, une vrai nuit de juillet. Tout mon stress que m’avait procuré ces petites mésaventures s’évacue à grande vitesse.
23h30 : le vol est retardé d’une demi-heure de plus. Nous décollons en réalité à 00h15 heure locale. Le vol se passe encore une fois très bien. Fauteuils en cuir avec de la place pour allonger ses jambes, c’est bien une première pour moi qui ai l’habitude de voyager en low-cost.
1h45 : Je sors de l’aéroport pour prendre un taxi, j’arrive à l’IFPO vers 2h30 du matin complètement naze physiquement, mais trop excité pour pouvoir dormir. Je rencontre deux de mes colocataires qui ne dorment pas encore. Ils sont tous deux étudiants en master de géo à Tours. C’est marrant comme à chaque fois que tu te tapes des milliers de bornes, tu arrives toujours à tomber sur des gens qui habitent à moins de 100 kms de chez toi. Avec un peu de chance, ils connaîtront bien Anne-So ou Micka….
4h00 : voilà, c’était ma journée de transit entre l’Europe et l’Orient. Je vais essayer de dormir maintenant. Apparement, l’ambiance semble vraiment très sympa ici et ça a fait bien rire mes colocs quand je leur ai demandé si ça craignait auprès des chercheurs de me lever à 10h demain. Ils se sont levés pour leur part à 13h aujourd’hui. Je vais donc opter pour un réveil bien tardif, histoire de me remettre de ce voyage et du week-end à Paris qui m’ont tous les deux bien claqués !
Je récupère mon passeport sans problème et file directement à Roissy pour prendre mon avion. J’arrive là-bas longtemps en avance ce qui me laisse le temps d’aller me renseigner auprès de Cyprus Airways sur le changement de vol entre Larnaca et Amman qui doit en fin de compte être assuré par la Royal Jordanian. Tout à l’air facile d’après eux, je dois récupérer mes bagages directement à Amman et me présenter au guichet de la Royale à Larnaca pour qu’ils échangent mon billet. Très bien !
15h00 : l’avion s’envole doucement au-dessus de Paris. Tout se passe pour le mieux, « La nuit des temps » me permet de ne pas trop voir le vol passer. Je discute un peu avec mon voisin d’à côté, un Chypriote un poil raciste qui me parle d’Amman comme d’une ville envahie par les palestiniens et irakiens qui polluent d’après lui la cité. J’ai aussi droit à plusieurs petites blagues de très mauvais goût sur les Arabes, pour le coup, j’aurais préféré ne pas parler anglais, ça m’aurait permis d’éviter de comprendre toutes ces conneries.
20h : atterrissage parfait sur Chypre, j’en aurais presque applaudi le pilote pour une fois… C’est là que les choses se gâtent. Donc si je suis les conseils de Cyprus Airways, je file en salle de transit sans récupérer mes bagages. Merci l’Europe, ma nationalité française me permet de sortir de l’aéroport. J’en profite pour passer au point de récupération des bagages histoire de m’assurer que mon sac a bien pris la destination d’Amman. Plusieurs sacs passent, pas le mien. Tout va bien, je m’apprête à partir en me disant qu’encore une fois je suis bien parano. Et là, qui est ce qui pointe le bout de son nez, mon sac, le même qui n’aime pas les aéroports, les transits et tout ça (cf. message de vendredi dernier), on comprend pourquoi maintenant. Je le récupère en me disant que ma bonne étoile était au-dessus de moi ce soir. Arriver à Amman sans mon sac n’aurait pas fait de moi un homme serein pour mes premiers jours en Jordanie.
Je vais donc me présenter au comptoir de la Royale Jordanian pour récupérer mon ticket. Ils veulent avant de me le donner que Cyprus Airways me le tamponne. Je file donc à leur guichet, mais là, pas question, l’autre….derrière son bureau me dit que soit je pars demain avec eux, soit je rachète un billet pour partir ce soir. Il me faudra l’aide d’un membre du personnel de la compagnie jordanienne et beaucoup d’insistance de ma part pour obtenir satisfaction.
Par contre, le vol initialement prévu à 21h40 ne partira qu’à 23h30. Je gagne un ticket resto de 7euros en échange. Honnête. J’en profite pour aller prendre l’air. On se croirait en été. Il fait 17°, une vrai nuit de juillet. Tout mon stress que m’avait procuré ces petites mésaventures s’évacue à grande vitesse.
23h30 : le vol est retardé d’une demi-heure de plus. Nous décollons en réalité à 00h15 heure locale. Le vol se passe encore une fois très bien. Fauteuils en cuir avec de la place pour allonger ses jambes, c’est bien une première pour moi qui ai l’habitude de voyager en low-cost.
1h45 : Je sors de l’aéroport pour prendre un taxi, j’arrive à l’IFPO vers 2h30 du matin complètement naze physiquement, mais trop excité pour pouvoir dormir. Je rencontre deux de mes colocataires qui ne dorment pas encore. Ils sont tous deux étudiants en master de géo à Tours. C’est marrant comme à chaque fois que tu te tapes des milliers de bornes, tu arrives toujours à tomber sur des gens qui habitent à moins de 100 kms de chez toi. Avec un peu de chance, ils connaîtront bien Anne-So ou Micka….
4h00 : voilà, c’était ma journée de transit entre l’Europe et l’Orient. Je vais essayer de dormir maintenant. Apparement, l’ambiance semble vraiment très sympa ici et ça a fait bien rire mes colocs quand je leur ai demandé si ça craignait auprès des chercheurs de me lever à 10h demain. Ils se sont levés pour leur part à 13h aujourd’hui. Je vais donc opter pour un réveil bien tardif, histoire de me remettre de ce voyage et du week-end à Paris qui m’ont tous les deux bien claqués !
dimanche 3 février 2008
Week end à Paris

J'aurais vraiment bien profité de ce dernier week end en France avant mon départ.
La soirée de vendredi avait de forts accents "Salmantinos". Retrouvailles avec quasiment tous les amis français d'Espagne, même Claudia la portuguesa avait fait le déplacement jusqu'ici. Anne-So nous a gentiment accueilli dans son apart pour un botellon géant, qui ressemblait beaucoup à ceux organisés l'année dernière chez elle et Laura. Il y avait en plus mes amis poitevins qui sont gentiment montés, (ou simplement restés pour certains) passer le week-end à Paris.
La soirée s'est terminée chez Brahim au petit matin, avec toujours les mêmes guerriers de la nuit, à savoir Marion, Mika, Claudia et surtout Tibo et Antoine!
Il y en une autre qui s'envole aujourd'hui, la petite Astride qui part pour l'autre bout du monde, sous le soleil australien pendant 6 mois. Elle nous a rejoint hier soir sur les marches du sacré coeur pour un joli cliché à la française, un petit concert pour touristes avec Paris illuminé en fond. Très cliché mais toujours bien agréable quand on part pour 6 mois loin de chez soi. Bon courage Astride, profite bien de tes "vacances" australiennes et revient nous toute bronzée avec une jolie ceinture autour de la taille (les loudunais comprendront, n'est-ce pas Alex !!!).
Bon et bien demain c'est à moi de m'envoler, après un super week-end à Paris avec tous mes amis. J'espère remettre ça le 15 en rentrant, tout dépend de vous, moi, si tout va bien je devrais être de retour. Mathias mon coloc, fait attention à toi pendant mon absence, ne t'endore pas avec un four allumé ou quelque chose comme ça. Brahim, tu sais ce qu'on a dit pour le mois de février, je te fais confiance. Sami, kardesch, on se retrouve dans un mois à Damas ou Amman pour de belles aventures orientales. Je compte sur toi pour honorer le pacte conclu il y a un an à la gare routière de Gaziantep il y a bientôt un an de ça...
samedi 2 février 2008
Petit clin d'oeil égyptien
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